ci turu Yàlla laye tambalé midi àji yërëm jaam nëpu ci aduna di àji yërëm waay texe yi ci alaaxira
Rabbi as haabaka bil himmati wala tou rabbi him bid darsi fakhate...

« Asîru » de Cheikh Ahmadou Bamba décrypté par Souleymane Bachir Diagne

 

« Asîru » de Cheikh Ahmadou Bamba décrypté par Souleymane Bachir Diagne

A propos du poème « Asîru » (Je marchais avec les Vertueux), composé par Cheikh A. Bamba, le célèbre philosophe sénégalais, Souleymane Bachir Diagne (Columbia University), écrit, dans un article intitulé « Universalité du Message de Cheikh Ahmadou Bamba » et consacré à l’esprit de tolérance et de pardon caractérisant le véritable message de l’Islam : 

« La tolérance n’en est pas juste un additif, un accident. Il fait partie intégrante de la nature même du soufisme de reconnaître que tout être créé est, dans son essence même, un mouvement vers Dieu et d’admettre la présence de ce mouvement dans toutes les créatures vivantes. 

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C'est la raison pour laquelle, même aux temps de l'oppression et de la domination coloniale où il vivait, Cheikh A. Bamba n’eut recours à nulle forme de résistance autre que la non-violence et une attitude qui exprime le vrai sens du djihad : la lutte personnelle pour surmonter sa propre obscurité et pour se transformer en cette lumière que nous sommes appelés à devenir, en conformité avec cette prière coranique : « O notre Seigneur, parfais notre lumière pour nous, et accorde nous le pardon. Car Tu détiens le pouvoir sur toutes choses.» (Tahrim, v. 8).

Le Cheikh nous apprend par-là que c’est grâce à ce travail non-violent sur soi, à cette action de transformation de l’obscurité de l'âme inférieure (nafs) en lumière de l'esprit (rûh) que nous parvenons à une vie hors de portée de l'oppression, hors d’atteinte de la violence, au-dessus de la division et de la discorde, au-delà de la destruction et de la mort. 

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Je pense qu’une telle vision se manifesta avec une rare éloquence à travers la célèbre entame du poème « Asîru » dans lequel Cheikh A. Bamba insiste sur le fait que, en dépit des apparences, il était à l'abri de l'oppression de ses bourreaux, en demeurant dans le monde de la paix et de la lumière et non dans celui de la violence et de l'obscurité : « Au moment où je marchais, je me trouvais en réalité en compagnie des Vertueux / Alors que mes ennemis croyaient que je marchais, comme prisonnier, dans la sphère [qu’ils dominaient]» (Asîru ma'al Abrar). 

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Toutefois, le mystique accompli a cette vocation de traduire sa vision en une force de transformation. Et, assurément, Cheikh Ahmadou Bamba était un de ces mystiques accomplis. « Demeurer en compagnie des Vertueux » n'était certainement pas son but ultime. Il sentit qu'il avait une responsabilité envers l'humanité, qu'il se devait de nous éduquer pour nous extirper des ténèbres vers la lumière des connaissances, vers le culte véritable et l'action pour transformer notre condition, par des moyens pacifiques, afin de substituer l'émancipation à l'oppression, la justice à l'inégalité, le développement à la pauvreté. C’est cela qui explique notamment l'importance bien connue qu’il accorde au travail et à l'éducation qui constituent le moyen de transformer notre condition... » 

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