ci turu Yàlla laye tambalé midi àji yërëm jaam nëpu ci aduna di àji yërëm waay texe yi ci alaaxira
Rabbi as haabaka bil himmati wala tou rabbi him bid darsi fakhate...

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LES QUALITÉS DU PROPHÈTE (PSL)

« [Ô Muhammad !] Tu es assurément doté de vertus éminentes »
« Vous avez, avec le Messager de DIEU, un excellent modèle de conduite »
(Coran 64 : 4, 33 :21)

Le Modèle du Prophète

Interrogée sur le comportement du Saint Prophète, sa femme Aicha, le témoin le plus intime de sa vie privée, résuma ses qualités et son comportement en ces termes : «Le comportement du Prophète, c’est le Coran. » En d’autres mots, la vie quotidienne du Prophète fut l’illustration parfaite des enseignements du Coran, représentant ainsi le symbole vivant de toutes les recommandations du Livre Saint. De la manière dont le Livre de Dieu constitue un code de conduite pour l’épanouissement des nombreuses facultés humaines, la vie du Prophète fut la mise en pratique et la démonstration concrète de ces valeurs morales. C’est pourquoi le musulman dispose d’une double source de conduite : le Saint Coran, en tant que principe, et la vie du Prophète, en tant que parfait modèle.

Aucune tâche ne lui paraissait humiliante

La sincérité fut le trait le plus marquant du caractère du Prophète. Il aimait la vertu en soi. Les éminentes vertus qui distinguent si remarquablement son caractère ne constituent point des qualités acquises mais plutôt des qualités innées faisant partie intégrante de sa nature profonde. Le Prophète avait l’habitude de tout faire de ses propres mains. Ainsi avait-il l’habitude, à chaque fois qu’il voulait donner de l’aumône à un mendiant, de la lui  remettre directement de sa propre main. Il avait également l’habitude d’aider souvent ses femmes dans leurs travaux domestiques, de traire lui-même ses chèvres, de recoudre lui-même ses habits et de raccommoder seul ses chaussures. Il lui arrivait aussi de dépoussiérer tout seul sa demeure, d’attacher des ses propres mains son chameau et de le surveiller personnellement. Aucun labeur n’était jugé trop avilissant à ses yeux. Il travailla ainsi comme maçon/labourer dans la construction de la mosquée. De la même manière, lorsqu’il fallut creuser une tranchée pour défendre Médine contre une incursion imminente de l’ennemi, on vit le Prophète à l’ouvrage dans les rangs des fideles préposés à cette tâche. Il lui arrivait aussi de faire lui-même son marché, non seulement pour sa maisonnée mais également pour ses voisins et ses amis. En résumé, il ne dédaignait aucune tâche, aussi humble soit-elle, en dépit de la dignité attachée à son titre de Prophète et de souverain. Il démontra, ce faisant, à travers son exemple personnel, que le statut social d’un homme, fut-il considéré comme élevé ou modeste, ne constitue pas le critère fondamental de sa valeur véritable. Et que c’est, en définitive, les vertus propres et le degré de considération d’un homme envers ses semblables qui déterminent sa noblesse ou non. Ainsi l’humble (labourer) itinérant, le coupeur de bois et le porteur d’eau sont tous de respectables membres de la Communauté Musulmane au même titre que le riche commerçant ou le haut dignitaire…

Sa Simplicité

Tous les actes et mouvements du Prophète étaient caractérisés par la simplicité et le naturel. Son tempérament était par nature réfractaire à tout ce qui pouvait ressembler à l’hypocrisie et à l’artifice. Il n’hésitait pas, par exemple, lorsqu’il se trouvait sur une monture, de prendre derrière lui un autre passager en croupe, comme n’importe qui. Il n’aimait pas que ses compagnons se lèvent à son arrivée. Il le leur interdit une fois, en disant : « Ne vous levez pas pour moi comme le font  les peuples étrangers», avant d‘ajouter qu’il n’était qu’une humble créature de Dieu, mangeant comme les autres créatures mangent, s’asseyant exactement comme elles le font. Lorsqu’une fois, quelqu’un voulut embrasser sa main, il la retira en lui faisant remarquer que cela était un usage des étrangers envers leurs rois [et que lui n’était pas un roi]. Et même lorsqu’un humble esclave l’invitait chez lui, il ne dédaignait jamais d’y aller. Il prenait ses repas en compagnie de personnes issues de toutes les classes sociales. Lorsqu’il se trouvait dans une assemblée, il lui arrivait de garder le silence pendant de très longs moments. Et s’il arrivait qu’il ait quelque chose d’important à dire, il prenait alors la parole mais n’aimait point parler pour ses propres intérêts. Il ne s’accordait aucune préférence sur les autres. Lorsqu’il marchait en groupe, il se trouvait des gens qui marchaient aussi bien devant lui que derrière lui. Lorsqu’il était assis dans une assemblée, il ne faisait rien qui puisse le mettre en évidence par rapport aux autres, de sorte qu’un étranger ne pouvait souvent le distinguer des autres et était obligé de demander lequel d’entre eux était le Prophète (la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui). Telle était l’humilité de son comportement. Lorsqu’il était agenouillé au sol [au cours d’une prière en groupe], il prenait un soin particulier à ce que ses genoux ne dépassent pas ceux des autres. Il n’interrompait jamais ceux qui parlaient. Lorsqu’il y avait sujet à rire, il s’associait en toute simplicité au rire des autres par un simple sourire. Il avait l’habitude de parler si posément que les mots qu’il prononçait pouvaient être comptés. Il marchait si rapidement que ses compagnons étaient quelques fois obligés de courir pour se mettre à son niveau.

Sa nourriture

Sa manière de vivre était également marquée par la simplicité. Quoi qu’on lui offrait, il l’acceptait toujours avec joie. Cependant si la chose offerte comportait quelque mal, il ne s’en nourrissait point mais  n’en tenait pas pour autant rigueur au donateur. Il se nourrissait de ce qui se trouvait à sa disposition, que ce soient des dates, de l’orge, du blé, de la viande, du lait etc. Lorsqu’un repas somptueux lui était présenté, il s’en nourrissait également mais, par principe, n’en abusait pas et ne prenait qu’un seul repas à la fois. Il appréciait beaucoup la propreté et aimait particulièrement le miel. (…) Lorsqu’il était invité à manger chez quelqu’un, et qu’il se trouvait des hommes non prévus l’accompagnant à ce moment, il faisait tout pour éviter de mettre son hôte dans l’embarras et s’excusait poliment [de ne pouvoir honorer son invitation] aussi bien auprès de son hôte qu’auprès des intrus involontaires. Il se lavait les mains toujours avant et après les repas et se rinçait soigneusement la bouche.

Son habillement

Son habillement était également simple. Il lui arrivait de porter des habits usés comme il ne dédaignait pas d’arborer un beau vêtement. Il n’aimait pas, cependant, que les hommes portent des habits en soie pour ne pas paraître efféminés. Il prenait un soin particulier à la propreté de ses habits. Une fois, il fit faire une bague à cachet lorsqu’il eut besoin d’apposer un sceau aux lettres qu’il envoyait aux différents rois ; il consentit à porter cette bague bien après.

Sa négligence envers le confort terrestre

Son habitat habituel consistait en de modestes chambres en terre cuite comportant comme tout ameublement un lit/bedstead et une jarre d’eau ; c’est dans ce cadre sobre qu’il vécut, même après avoir conquis le Khaibar. A l’occasion de son mariage avec Safiyyah, le Prophète n’eut pas les moyens d’organiser une fête pour honorer ses amis. C’est ainsi qu’il fut demandé à ces derniers d’apporter chacun son repas de sorte que la fête de mariage consista essentiellement en orge moulu et en dattes. Il arrivait également que, pendant plusieurs jours d’affilée, nul feu ne soit allumé dans la maison du Prophète et que toute sa famille n’eut que des dattes et de l’eau pour repas. Il considérait essentiellement ce monde-ci comme un lieu de passage éphémère.  « Ma situation », dit-il une fois, « est comparable à celle d’un voyageur qui, à midi, descend de sa monture pour faire une courte halte sous l’ombre d’un arbre, tout juste le temps de se reposer un petit moment avant de poursuivre son chemin.» Les considérations purement terrestres, les richesses de ce bas-monde et son confort n’avaient, en réalité, aucun attrait pour lui…

Sa propreté

A travers tous les actes du Prophète, la propreté s’alliait toujours harmonieusement à la simplicité. Il utilisait fréquemment un bout de bois frais en guise de cure-dent et se nettoyait les dents plusieurs fois par jour. Il prenait constamment soin de son corps, il lavait et huilait souvent sa barbe et ses cheveux, les conservant toujours bien arrangés. Il se parfumait également souvent.

Son attachement à ses amis

Le Prophète avait un profond attachement pour ses amis. Ainsi lorsqu’il échangeait des poignées de main avec eux, il n’était jamais le premier à retirer sa main et accueillait tout le monde avec un visage souriant. Jarîr ibn Abdallah raconte qu’il n’a jamais vu le Prophète sans le sourire au visage. Il échangeait quelques fois des traits d’esprits et des plaisanteries innocentes avec ses amis. Il avait l’habitude de parler librement, sans affecter une retenue artificielle pour se donner un air de supériorité et sans jamais se vanter dans ses propos. Il prenait souvent, tel un père, les enfants de ses amis dans ses bras. Et bien que ceux-ci le souillaient des fois, on n’observait nul signe de contrariété sur son visage. Il détestait la médisance et interdisait à ses visiteurs de dire du mal d’un de ses amis en leur absence, car il préférait, disait-il, continuer à penser du bien de tous. Il était toujours le premier à saluer ses amis et à leur serrer la main. Il les appelait souvent par leur surnom en signe d’affection. Il continuait de se souvenir avec une tendre affection de la fidélité de Khadija, sa première femme, bien longtemps même après sa disparition. Zaid, son ancien esclave qu’il affranchit, lui était tellement attaché qu’il préféra rester avec lui plutôt que de partir vivre avec son propre père dans sa ville natale. Il considérait avec mansuétude les défauts des autres et évitait d’y faire allusion. Toutefois, au cours de ses sermons publics, il ne manquait pas d’aborder la manière de se débarrasser d’un défaut particulier, sans donner l’impression à aucun membre de l’assistance d’être personnellement visé. Il abhorrait le faux et le mensonge. Il ne tenait nul compte d’une offense personnelle, aussi grande soit-elle. Ainsi à la bataille de Uhud, lorsque les archers musulmans délaissèrent la position qu’il leur avait demandé de garder, avec pour conséquence la perte de parents et d’êtres chers en meme temps que sa propre blessure, il ne les fit jamais juger ou punir et ne les blâma pas non plus. Et en parlant de ceux d’entre eux qui avaient fui le champ de bataille, il se contenta de dire qu’ils s’étaient un peu trop loin éloigné du terrain d’action…

Sa générosité envers les ennemis

La générosité du Saint Prophète, même à l’endroit de ses ennemis, constitue un cas unique dans les annales de l’histoire du monde. Abdallah ibn Ubay, [la tête de file des hypocrites à Médine] était ainsi un ennemi juré de l’islam qui passait tout son temps à comploter contre les croyants, allant même jusqu’a inciter les quraish et les juifs à écraser les musulmans. Pourtant, à sa mort, le Prophète pria le Seigneur de lui pardonner, allant même jusqu’à offrir même son propre habit  pour envelopper sa dépouille. Les mecquois qui lui firent endurer, durant son apostolat, les tortures les plus barbares, lui et ses compagnons, bénéficièrent tous d’une amnistie générale [lorsqu’il triompha d’eux et entra victorieusement à la Mecque].  Le traitement qu’un autre conquérant leur aurait infligé à sa place peut être facilement imaginé. Mais le sens du pardon du Prophète fut illimité ; ainsi treize longues années de persécutions et de conspirations furent totalement pardonnées et oubliées. Les prisonniers de guerre, estimés alors à près de 6 000, furent tous généreusement libérés. Aicha rapporte que le Prophète ne s’est jamais vengé d’un mal fait à sa propre personne. Il y eut certes des cas, quoique très rares et très isolés, où une punition se devait d’être infligée. Mais tous furent des cas de perfides trahisons de la part de personnes envers qui le pardon n’avait plus aucun effet de réforme. Laisser de tels méfaits impunis aurait signifié ni plus ni moins qu’avaliser le crime. Ainsi une sanction n’était jamais administrée tant qu’il existait la moindre chance que le pardon ait un effet dissuasif et, à défaut, soit une occasion pour le coupable de s’amender honorablement. Il faut préciser que cette générosité était étendue à toutes les croyances ; aussi bien aux juifs, qu’aux chrétiens, aux idolâtres etc.

Une justice égale pour tous

Dans l’administration de la justice, le Prophète était d’une impartialité implacable. Musulmans aussi bien que non-musulmans, amis ou ennemis, tous étaient égaux devant lui. Bien avant même d’être investi de la prophétie, son impartialité, son honnêteté, et son intégrité étaient de notoriété publique dans son entourage, de sorte que les gens se référaient souvent à lui pour régler leurs différends. A Médine, aussi bien les idolâtres que les juifs acceptaient volontiers son arbitrage dans toutes leurs disputes. Ainsi, en dépit de la profonde malveillance des juifs envers l’Islam, lorsqu’il arrivait au Prophète de juger une affaire opposant un juif à un musulman, il n’hésitait pas, le cas échéant, à trancher en faveur du juif même si les musulmans, fut-il l’ensemble de sa tribu, pouvait subir un grave préjudice à travers cette décision. Et il n’est pas difficile d’imaginer les préjudices que de telles déconvenues pouvaient occasionner pour l’Islam, en ces temps de faiblesse et d’épreuves. En résumé, le Prophète était le symbole vivant du verset coranique qui dit : « Que la haine contre un peuple ne vous incite pas à agir avec injustice. Soyez toujours équitables car cela est plus proche de la piété. » (5:8) Il avertit ainsi un jour sa propre fille Fatima que seules ses œuvre personnelles lui seraient utiles au Jour du Jugement et que si elle se rendait coupable d’un mal, elle en serait punie comme n’importe quel autre membre de la communauté musulmane. Sur son lit de mort, il fit annoncer publiquement, immédiatement avant de rendre le dernier soupir : « Si je dois quelque chose à quelqu’un, il peut la réclamer. Si j’ai jamais offensé quelqu’un, il a le droit de s’en venger. »

Son humilité

Dans ses rapports avec les autres, il ne faisait jamais montre d’une quelconque condescendance et se conduisait juste en homme comme les autres. Il arriva une fois, alors qu’il occupait la position de souverain à Médine, qu’un juif à qui il devait une certaine somme d’argent vint le voir pour lui réclamer son dû en l’apostrophant en des termes très durs et fort grossiers. « Vous les Banî Hâchim », observa t-il railleusement, « ne payez jamais vos dettes une fois que vous réussissez à soutirer quelque chose de quelqu’un.» Omar s’emporta alors vivement contre l’insolence du juif mais le Prophète le réprimanda en lui disant : « Ô Omar, il aurait été beaucoup plus judicieux pour toi de nous ramener tous les deux à la raison : en m’incitant, moi, le débiteur, à payer ma dette avec reconnaissance, lui, le créditeur, à la réclamer d’une manière plus conciliante.»  Il paya alors au juif au-delà même de la somme due et ce dernier fut  si impressionné par le sens de la justice et la loyauté du Prophète qu’il se convertit à l’Islam.

Une autre illustration de son humilité fut donnée le jour où il se retrouva en campagne avec ses compagnons et que vint l’heure de la préparation du repas. Une tâche spécifique fut alors assignée à chacun, lui même s’en allant rassembler du bois pour le feu. Bien qu’étant un éminent seigneur, aussi bien spirituel que temporel, il accomplissait toujours sa part de travail comme un homme tout à fait ordinaire. Dans le traitement de ses serviteurs, il observait le même principe d’égalité. Anas rapporte ainsi qu’au cours des dix années qu’il demeura au service du Prophète, il ne le réprimanda pas une seule fois. Il n’admonestait jamais ses serviteurs pour les erreurs que ceux-ci commettaient et ne conservait jamais un homme en esclavage. Aussitôt qu’il acquérait un esclave, il se hâtait de le libérer. Au cours de toute sa vie, il n’avait jamais battu un serviteur ou une femme.

Sa compassion envers les pauvres et les malheureux

Il a été observé que le Prophète n’avait jamais déçu un mendiant. Il ne lui opposait jamais de refus brutal mais préférait plutôt le faire attendre dans l’espoir qu’un bien lui advienne entre-temps [pour satisfaire sa demande]. Il comblait les différentes sollicitations même au prix du sacrifice de son propre bien-être. Il nourrissait ainsi les affamés tout en ayant le ventre vide et n’avait pas l’usage de garder de l’argent par devers lui. En agonie sur son lit de mort, il envoya chercher tout ce qui se trouvait encore dans sa maison et le fit distribuer aux pauvres. Même à l’endroit des créatures primitives de Dieu, son cœur était rempli de miséricorde. Il parla ainsi d’un homme qui, un jour, tira de l’eau d’un puits pour étancher la soif d’un chien, qu’il avait acquis le paradis par cet acte de bonté à l’endroit d’une faible créature de Dieu. Il fit également savoir une fois, à propos d’une vieille femme décédée, qu’elle était entrain de subir le châtiment d’outre-tombe du fait que, durant sa vie, elle avait l’habitude d’attacher son chat et de le laisser affamé. Depuis sa prime jeunesse, il éprouvait une profonde compassion pour les veuves, les orphelins et les faibles sans recours. Il disait souvent : « Celui qui prend soin d’un orphelin et moi sont aussi proches que ces deux doigts, » en montrant son index et son majeur accolés. Le Saint Coran est également rempli d’une miséricorde semblable envers les pauvres et les faibles : « Vois-tu celui qui traite la Rétribution de mensonge ? C’est celui qui repousse l’orphelin et qui n’encourage pas à nourrir le pauvre. » (107 :1-3) Le Prophète pouvait endurer avec sérénité les plus grandes épreuves qui le frappaient mais la peine des autres le touchait énormément. Il demeurait toujours du coté des opprimés et défendait les droits des femmes sur les hommes, ceux des esclaves sur leurs maitres, ceux des gouvernés sur les gouvernants, ceux des sujets sur les souverains…

Il aimait beaucoup les enfants. Lorsqu’il marchait dans la rue, il prodiguait force tapes amicales ou des caresses à ceux d’entre eux rencontrés sur le chemin. Il ne manquait jamais de visiter les malades pour s’enquérir de l’état de leur santé et de les réconforter. Il se joignait également aux processions mortuaires.

Son hospitalité

Avec le Prophète, le sens de l’hospitalité a atteint un sommet. Il prenait toutes les peines pour s’occuper personnellement de ses invités dans la mesure du possible et les servait lui-même. Lorsque le nombre d’invités était trop important à gérer pour lui tout seul, il répartissait le surplus entre ses compagnons qui, à l’instar de leur Maitre, en prenait grand soin. Il leur arrivait quelques fois même d’offrir toute la nourriture dont ils disposaient à leurs hôtes, s’en allant au lit le ventre vide…

Sa Bonté

Le Prophète n’a jamais, au cours de sa vie, proféré des propos insultants. Ne prononçant jamais de termes agressifs, il l’interdisait de même aux autres. A chaque fois qu’il voulait sermonner quelqu’un, il le faisait avec un ton paisible et affectueux. Par exemple les juifs avaient l’habitude de l’aborder et de le saluer [en déformant la formule usuelle de salutation] par « Al-sâ’m-u-‘alaikum» (la mort soit sur vous) au lieu de « Al-salâm-u-‘alaikum» (la paix soit sur vous). En entendant cela un jour, Aicha, ne put se retenir et s’emporta involontairement contre eux : « Puisse Dieu vous apporter plutôt la mort, à vous ! » Le Prophète la désapprouva alors en lui disant que Dieu n’aimait pas les propos agressifs.

Sa Sincérité

Son intégrité, sa vertu et sa sincérité furent unanimement reconnues dans toute l’Arabie [bien même avant son apostolat], au point qu’on le nommait Al-Amîn, le Digne de confiance. Même son pire ennemi, Abû Jahl, reconnut qu’il ne le tenait pas en réalité pour un menteur mais que c’était plutôt le message qu’il apportait qu’il considérait comme faux. Un autre, Nadr ibn Hârith, témoigna également un jour de sa sincérité en présence de ses pairs, en leur disant :   « Muhammad a grandi devant vous et fut de tout temps le garçon le plus honnête et le plus digne de confiance. A présent qu’il est devenu adulte et vous apporte un message, vous le qualifiez de mage. Par Dieu ! Ce n’est assurément pas un mage. » Ainsi à chaque fois qu’il promettait une chose, il respectait sa promesse dans les situations les plus délicates et même si cela devait lui coûter énormément. Par exemple il fut convenu, selon une clause de l’accord de Hudaibiyah [passé avec les idolâtres mecquois] que le Prophète s’engageait à renvoyer aux quraish tous les musulmans qui fuiraient la Mecque pour venir chercher refuge à Médine. Il s’en tint, par la suite, rigoureusement à cet engagement et l’appliqua dans des conditions qui affligèrent hautement les musulmans. En matière de chasteté et de piété, il fut également un parfait modèle. Il mena ainsi, en tant que célibataire, une vie éminemment pure, jusqu’à [son mariage], à l’âge de vingt cinq ans, et même ses plus malveillants détracteurs ne purent trouver la moindre tâche sur le tableau immaculé de son caractère…

Son Sens du Pardon

Le sens du pardon fut un autre joyau étincelant du caractère du Prophète ; cette vertu ayant trouvé son expression la plus sublime en sa personne. Le Saint Coran lui enjoignit de « tenir fermement au Pardon », ce que le Seigneur lui explicita ainsi : « Quiconque rompt ses relations avec vous, persévérez à renouer vos rapports. Quiconque refuse de vous donner, donnez-lui. Quiconque vous fait du mal, pardonnez-lui. » Ces injonctions ne demeurèrent point, avec le Prophète, lettre morte car il se conforma à ces valeurs sous les situations les plus difficiles. Au cours de la bataille de Uhud, alors qu’il était blessé et tombé à terre, un de ses compagnons lui demanda d’invoquer la malédiction de Dieu sur l’ennemi. Il lui répondit alors : « Je ne suis pas envoyé comme malédiction envers les hommes, mais en tant que [Prophète] pour inviter les hommes vers le bien et à titre de miséricorde. Ô Seigneur ! Accorde la bonne guidée aux gens de mon peuple, car ils ne savent pas… » Un bédouin le frappa un jour et lorsqu’on lui fut demanda par la suite pour quelle raison il pensait qu’on ne lui rendra pas la monnaie de sa pièce, il répondit qu’il savait que le Prophète ne rendait jamais le mal par le mal. Le sens du pardon dont il fit montre à la conquête de la Mecque constitue assurément un exemple sans précédent dans toute l’histoire du monde. Toutes les tentatives imaginables furent entreprises pour détruire l’Islam et ôter la vie à son Prophète. Mais nul reproche ne fut proféré à propos de ces graves méfaits [lorsque les musulmans prirent le dessus]. Un pardon sublime fut étendu même jusqu’à un ennemi comme Abû Sufyan qui fit tout ce qu’il put pour combattre l’Islam, de même qu’à sa femme Hind qui se rendit coupable de la barbarie innommable de mutiler le corps de Hamza [un oncle du Prophète].

Sa Modestie

Le Saint Prophète était extraordinairement modeste. Selon lui, la modestie fait partie de la religion, ce que d’ailleurs le Saint Coran confirme. Le Prophète était quelques fois blessé par l’ignorance des autres à son égard mais se gardait d’exprimer une quelconque réprobation ; ce dont le Coran parle en ces termes : «Assurément, [votre manque de savoir-vivre] fait de la peine au Prophète, mais il se gênait de vous le dire. » (33:53) Il ne faisait jamais nommément allusion au travers des autres et préférait exprimer ses remontrances d’une manière générale.  Toutefois, en matière religieuse, il ne manquait jamais de préciser lorsque quelqu’un était dans l’erreur. A la disparition de son fils Ibrahim, il y eut une éclipse solaire complète, ce que certains musulmans crédules prirent pour un signe de deuil céleste. Le Prophète n’aima point cette superstition et prononça, plus tard, un sermon pour expliquer qu’une éclipse n’avait rien à voir avec la naissance ou la mort de quiconque.

Son Affection

Le Prophète avait un cœur très sensible et rempli d’affection pour son prochain. Son cœur se déchirait souvent de peine en constatant l’état de corruption morale de ses semblables ; ce dont témoigne le Coran en ces termes : « Il se peut que tu te consumes de chagrin parce qu’ils ne sont pas croyants » (26:3) Il prenait un grand intérêt au bien-être de ceux qui le suivaient, priaient pour eux et leur prédit même les malheurs qui leur arrivèrent plus tard et les en consola. S’il recevait une quelconque faveur d’une personne, il ne l’oubliait jamais le reste de sa vie. Ainsi, par fidélité à la mémoire de Khadija, sa première femme, il continuait d’envoyer des dons aux anciennes relations de celle-ci. Lorsqu’une délégation provenant du négus d’Abyssinie arriva à Médine, il veilla personnellement à leur confort. Ses compagnons furent volontaires pour s’occuper entièrement d’eux mais il leur dit qu’il préférait les servir de ses propres mains car ils avaient offert l’asile à ses compagnons durant leur exil [en Abyssinie, en des temps d’épreuves].  Lorsque la fille de Hâtim Tâ’î fut faite prisonnière avec d’autres, il dit que la fille d’un homme aussi généreux ne devrait pas rester prisonnière et tous les autres prisonniers furent ainsi libérés grâce à elle.

Son respect pour les autres

Il faisait toujours preuve de beaucoup de considération aussi bien envers les vieux que les jeunes. Il se levait à chaque fois qu’apparaissaient son ancienne nourrice ou sa fille, et leur étendait son propre manteau pour s’asseoir. Il avait également du respect pour sa propre fille. « Respectez vos enfants, » fut une de ses nombreuses recommandations. Il insistait beaucoup sur la grande déférence due à la mère. « Le Paradis se trouve sous les pieds des mères, » disait-il.

Son Courage

Tout en étant humble et doux au plus haut degré, il avait le courage des grands héros. Jamais, en aucun moment de sa vie, il ne nourrit une quelconque peur envers ses ennemis. Même quand les mécréants ourdissaient des plans pour prendre sa vie à la Mecque, il continuait de se déplacer sans aucune crainte parmi eux. Même après avoir recommandé à tous ses compagnons d’émigrer de la Mecque, il demeura lui-même sur place, presque seul au milieu de ses ennemis. Même lorsque, au cours de l’hégire, ses poursuivants suivirent ses traces qui les menèrent à l’entrée de la caverne de Thaur, il ne se départit pas de son calme. « Ne t’en fais pas, [Dieu est avec nous]» consola t-il [Abu Bakr] son compagnon. Sur le champ de bataille de Uhud, alors que toute son armée s’était retrouvée piégée et fuyait en déroute, il continuait à rallier à haute voix ses soldats désemparés, sans tenir le moins compte du danger pour sa propre personne. En une autre occasion, alors que le groupe des musulmans s’enfuyait, il avança seul vers l’ennemi, en criant : « Je suis le Messager de Dieu ! » Une nuit que les musulmans redoutaient un assaut, il fut l’un des premiers à assurer la garde de la ville de Médine. Au cours d’un voyage, alors qu’il se reposait seul sous un arbre, un ennemi survint à l’improviste et le surprit. Dégainant son sabre, il lui cria : « Qui peut te sauver en ce moment contre moi ?»  Le moins du monde troublé, il lui répondit calmement : « Dieu ». Et, aussi étrange que cela fut, le sabre tomba aussitôt des mains de son ennemi. Reprenant alors le même sabre, le Prophète lui posa la même question à quoi il répondit avec humiliation ; le Prophète le laissa alors partir.

Son Endurance

Les biographies du Prophète (la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui), aussi bien celles écrites par ses partisans que ses ennemis, sont unanimes dans leur admiration pour sa ferme endurance et sa détermination immuable dans les calamites les plus dures. Le désespoir et l’abattement lui étaient inconnus. Constamment encerclé de tous cotés par de sombres perspectives et une opposition résolue, sa foi au triomphe ultime de la Vérité ne fut jamais un seul moment ébranlée. Les plus violentes tempêtes d’épreuves, de privations et de persécutions ne réussirent pas à le faire reculer un tant soit peu de son objectif. Il usait dans toute la mesure du possible des moyens octroyés par Dieu tout en confiant la bonne fin à Sa Grace.  Les retournements de destins les plus inattendus ne purent diminuer son ardeur ou le décourager. Apres le terrible désastre de Uhud, il se remit sans attendre à la poursuite de l’ennemi, le lendemain même. En un mot, sous les circonstances les plus pénibles et dans la dure adversité, son cœur continua de briller de la flamme du triomphe infaillible de la Vérité sur l’erreur…

Chapitre tiré de l’ouvrage «Muhammad, le Messager » de Muhammad Ali (1874-1951, Inde), traduit de l’anglais par la Commission Scientifique Majalis.

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